Constats préliminaires pour une réflexion objective sur le futur modèle de développement

El Moussaoui Noureddine

Après l’aveu des instances dirigeantes de l’essoufflement du modèle de développement Marocain, notre pays est, à l’heure actuelle, à la recherche d’un nouveau modèle de développement.

Certes, le Maroc – Diaspora comprise – regorge d’hommes et femmes capables de mener une réflexion sereine pour déblayer le terrain et faire dégager et dessiner les contours d’un nouveau modèle de développement à même d’assurer la stabilité, la sécurité et également le bien-être les populations actuelles et futures : Un modèle dont le capital humain serait le centre de gravité.

Le dit modèle, qui pour être fiable doit à la fois tenir compte des spécificités de notre configuration sociale et être capable de s’adapter à l’évolution et aux transformations que connait le mode de production dominant au niveau planétaire : à savoir le mode de production capitaliste.

Il est vrai que la démocratie a constitué jusqu’à date récente un garde-fou contre les excès et les dérives du libéralisme, et passée l’ère des années glorieuses qui ont consacré en Europe l’” Etat –Social”, ce dernier est en perte de vitesse (mouvement des Gilets-jaunes en France).

De fait, la lutte acharnée que mène l’empire de la république des Etats-Unis d’Amérique pour garder sa suprématie et son hégémonie – au risque d’être supplanté par un empire nouveau – fait vaciller les principes et les institutions qui ont constitué les soubassements de l’Etat de Droit qui est graduellement supplanté par l’ “Etat entreprise”.

En effet, le mot d’ordre aujourd’hui est “Business First ” : la loi du profit de sacralise, et ce aux dépens aussi bien des principes des Droits de L’Homme – toutes générations confondues- et de la légitimité des organisations internationales (l’ONU à leur tête).

La montée des extrémistes de tout genre, le regain du terrain de l’extrême droite et surtout l’affaiblissement des partis politiques et des syndicats dû à l’ évolution du capitalisme qui s’est mû en capitalisme de rente – dans la mesure ou ce qui est primordial est non pas la richesse matérielle, mais la richesse financière- : tous ces facteurs ont relégué la ” lutte des classes” au second plan. Et on ne peut plus parler d’antagonisme Capital-travail.

D’ailleurs, le concept du “capital immatériel” prêt à confusion et à un amalgame sémantique. Ce concept, ne recouvre-t-il pas aussi bien le capital dans l’acception marxiste et le travail?

Mais, au-delà des critiques que l’on puisse formuler au sujet de ce concept, le capital immatériel renferme entre autres autres facteurs historiques, ethniques et cultures qui dans le cas du Maroc constituent des atouts pour un avenir meilleur.